On parle souvent de décadence "à la française", cette faculté si rare de faire basculer une cause, aussi noble et respectable soit-elle, vers le ridicule le plus total. Je ne vous citerais pas
les exemples multiples et innombrables (car, contrairement au pouvoir d'achat, ceux-ci ne manquent pas), de la dite décadence, je vais me contenter de vous citer le plus récent, et, par la
même occasion, celui que je juge le plus flagrant.
Tous les médias, ces temps-ci, parlent du projet irréalisable de boycott des Jeux Olympiques de Pékin, et ce pour les raisons que nous connaissons tous, à cause, encore une fois, du matraquage
médiatique. Je ne vous refais pas l'histoire. C'est une cause - noble mais inutile - que mène l'ONU depuis désormais plusieurs mois, l'ONU ralliant la quasi totalité des pays du globe.
De plus, un mouvement de la population - tout aussi inutile - consistant à arborer fièrement (et souvent d'ailleurs dans le but d'acquérir un acqui de conscience patenté)
un t-shirt représentant les anneaux des Jeux Olympiques sous forme de menottes. L'ironie serait que ces t-shirts soient fabriqués par des ouvriers chinois, pas plus au courant des droits de
l'homme que des dernière ventes de Julien Doré (l'humanité a été capable de bien pire en matière d'ignominies). Le "soutient" populaire se caractérise par la suite par la signature de pétitions
diverses, de tracts, de blogs ou encore, dans des cas plus difficilement confrontables, car moins fréquents, de films diffusés sur Internet. Mais la raison de la rédaction de cet article n'est
pas dans ces diverses discussion diplomatiques dites "démocratiques" et les lamentations tribulatoires post-mortem d'une population n'ayant toujours pas pris conscience qu'ils se
battent pour une cause perdue d'avance.

La raison de cette articulation, la voici : j'ai appris, par mon père, qu'une grande chaîne de super marchés dont je ne citerais pas le nom a arrêté de vendre les célèbres Danettes, ces yaourts commercialisés par Danone au gingle publicitaire si réputé, en raison d'une nouvelle augmentation de leur prix. Personnellement, je doute que cela soit la goutte d'eau qui face déborder l'océan du ras-le-bol populaire français, mais je pense que ce type de geste, si celui-ci vient à se reproduire et à se multiplier de façon importante, pourrait pousser les industriels (dont je ne dresserais pas le tableau, sous risque d'être grossier) à revoir leurs prix à la baisse, et de ce fait de faire remonter le pouvoir d'achat.
Désormais, regardons la situtation d'un regard extérieur, en tant qu'étrangers à la France ; le monde se bat pour le boycott des J.O., pendant que nous, français, boycottons des yaourts. L'ironie
bat son plein.
Cet article n'a pas pour but de proposer une quelconque solution ou porte de sortie à cette situation virant à la comédie, non, il a pour seul but de nous faire prendre conscience, du moins je
l'espère, que le "prestige français" des siècles derniers est bel et bien mort, et que la France n'est désormais plus que l'ombre d'elle même, un galet chétif au milieu de rochers gigantesques
pouvant à tout moment le réduire en miette (excusez moi pour cette métaphore, je suis français).
J'espère que nous trouverons le moyen de parer à cette décrépitude au plus vite, sous peine de le regretter très fortement dans les années à venir.
N.